LE PETIT BISTRO des étudiants de l'université de BATNA
 
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 DES ANGES MINEURS

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samontha



Nombre de messages : 21
Date d'inscription : 21/03/2008

MessageSujet: DES ANGES MINEURS   Ven 21 Mar - 21:03

.Antoine Volodine

BIOGRAPHIE :

Antoine Volodine n'aime pas parler de sa vie, il préfère évoquer ses livres. Du reste, la réalité, la vérité, l'identité (officielle, officieuse), dans son oeuvre sont l'objet de tant d'interrogations, de tant d'incertitudes qu'il est bien hasardeux de tenter l'aventure. Malgré tout...

A ntoine Volodine serait né en 1950 à Chalon-en Saône. Une enfance qui n'a pas été terriblement malheureuse, contrairement à celle décrite dans Rituel du mépris (1986). Viennent ensuite les années universitaires à Lyon. Il y étudie le russe, pour des raisons génétiques et culturelles. "A cette époque, la perception de la Russie était intimement en liaison avec l'histoire révolutionnaire du XXe siècle." De cet amour pour la langue russe et en hommage à une grand-mère, il adoptera plus tard Volodine, comme nom d'écrivain. En mai 68, il se lance dans la tourmente. "Pour moi, ce fut une page qui s'est ouverte et qui n'est pas refermée. Cette perception pendant quelques semaines d'une possibilité de transformation radicale, c'est quelque chose qui marque l'existence", comme marque l'existence le reniement d'anciens militants qu'il connaissait, "devenus des petits bourgeois rassis et rancis". Pendant les années 70, sans rentrer dans les détails de sectes, de drapeaux, de mini-partis -"c'est se rattacher à des grisgris", il fait donc partie "des minorités excitées". Dans son engagement révolutionnaire, la guerre du Viêt-nam a été un élément aussi important que Mai 68. "D'une certaine manière, j'y participais". Et pour une fois, il aurait été du côté de ceux qui allaient gagner.

En 1973, il est nommé à Orléans prof de russe : une langue à problème, très peu de clients, précarité professionnelle... "Las d'enseigner", il donne sa démission quatorze ans plus tard. "Je ne pouvais pas imaginer de passer ma vie à corriger des fautes de datifs pluriels ou de génitifs singuliers. Ma vie réelle, c'était une vie liée à l'écriture." Volodine s'en amuse. Il a conservé dans un protège cahier en carton quelques vieux écrits. Entre autres : une histoire avec des subjonctifs imparfait et des fautes d'orthographes hilarantes. Il avait cinq et demi...
A insi, à partir de1971, et par vagues successives, Antoine Volodine envoie ses textes aux maisons d'éditions les plus prestigieuses. En vain. Une quinzaine d'années à essuyer des refus. Un souvenir plein de candeur. Autant sur le fond : "Je n'avais pas la perception de la mauvaise qualité de ce que j'envoyais"; que sur la forme : "A cette époque, on dactylographiait avec du carbone, et les versions étaient absolument illisibles. En plus, on les envoyait en dépit du bon sens, en consultant les adresses d'éditeurs dans les annuaires." Ce vécu d'écriture non publiée, occultée, secrète, clandestine se retrouvera tout au long de son oeuvre à venir.

BIBLIOGRAPHIE :

Nuit blanche en Balkhyrie - roman
1997, Gallimard
Le Port intérieur - roman
1996, Editions de Minuit
Le Nom des singes - roman
1994, Editions de Minuit
Alto solo - roman
1991, Editions de Minuit
Lisbonne, dernière marge - roman
1990, Editions de Minuit
Des Enfers fabuleux - roman
1988, Denoël
Rituel du mépris - roman
1986, Denoël
Un Navire de nulle part - roman
1986, Denoël
Biographie comparée de Jorian Murgrave -roman
1985, Denoël

Fiche :
Auteur Antoine Volodine
Nombre de pages 224 pages

Résumé :

"Vingt et un et bientôt vingt-deux narrats étranges, pas plus d'un par jour, que Will Scheidmann avait composés en votre présence, et en disant Will Scheidmann, je pense à moi, bien sûr. Et donc il monologuait ici un vingt-deuxième irrésumable impromptu, n'ayant plus en perspective que des délires de survivant sous la menace et une fausse tranquillité devant la mort, et je pétrissais cette prose dans le même esprit que les précédentes, pour moi-même autant que pour vous, vous mettant en scène pour que votre mémoire soit préservée malgré l'usure des siècles et pour que votre règne arrive, car, même si j’avais coopéré toujours assez médiocrement avec vous, j'éprouvais à l'égard de vos personnes et de vos convictions une tendresse que rien jamais n'avait pu ébrécher, et j'espérais pour tous toutes l'immortalité, ou, du moins une immortalité supérieure à la mienne."

Dans un temps où la civilisation a cessé d'être, où le monde humain est sur le point de disparaître, où il ne subsiste plus que des brumes radioactives et des villes immobiles derrière des fenêtres sans vitres, de vieilles femmes privées d'émotion et de nostalgie condamnent leur petit-fils. Tandis que ce dernier compose des histoires étranges en attendant la mort, quelques individus calculent leurs chances de s'en sortir.
Dans ces quarante-neuf récits surprenants où se mêlent étroitement réalisme politique et onirisme, Antoine Volodine donne libre cours à un univers romanesque composé d'étranges chemins de traverse.

Son imaginaire halluciné, son humour noir et grinçant, son style ciselé comme une mélodie à la beauté envoûtante, l'inscrivent comme l'un des romanciers majeurs de sa génération.

Extrait :

Au début, j’eus du mal à croire que Sophie Gironde était de nouveau à mon côté, et que pour la rejoindre il n’y avait pas besoin d’attendre une conjonction de rêves particulière ou de voyager trois mille ans à travers les lentes laideurs obscures de l’enfer. Parcourir quelques mètres suffisait pour que je m’approche d’elle, étendre la main suffisait pour la toucher. Voilà ce qui m’étonnait. J’allongeais la main vers elle, j’ouvrais le bras comme pour l’inviter à danser, et aussitôt je retrouvais, dans leur banalité merveilleuse, les gestes de la rencontre amoureuse, ces gestes rabâchés mais qui toujours, quand aucun partenaire ne ment, offrent des vertiges inépuisables. Sans avoir à languir le temps d’une vie, simplement une seconde après l’avoir désiré, je pouvais maintenant caresser son épaule, la naissance de son dos, puis l’attirer enfin contre moi, avec une douceur dont on n’ose rêver que dans les rêves, contre ma bouche et mon corps que le long abîme de l’absence avait rendus incrédules. Sophie Gironde s’accostait à moi, rien de funeste ne surgissait, rien ne venait soudain nous séparer avec violence, et, tandis que nos respirations s’unissaient, je pouvais sentir, à travers l’étoffe quand il y avait entre nous une épaisseur d’étoffe, la disponibilité de sa peau et même, rendant secondaires les harmonies physiques, la disponibilité de sa mémoire, car nous étions, le temps d’une vacillation, posés à la margelle des mots, ne disant rien et ensemble frissonnant, comme prêts à aller mentalement de l’un à l’autre. J’avais du mal à le croire. J’avais l’impression que le bonheur, comme autrefois, pouvait m’être retiré sans crier gare, entre deux battements de paupières. (Pages 88-89)

samontha study
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MessageSujet: Re: DES ANGES MINEURS   Mar 25 Mar - 17:23



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